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DURAND047.jpgPhoto par Sylvain Gripoix

 

 

Ce qu'écrit Pierre sur "Chapter One: NOLA Improvisations"

 

Risque et naïveté. Ce sont les mots qui disent le mieux l’esprit de ce premier album. Porté par l’intuition que ce disque aurait le goût d’un « rite de passage », je suis parti enregistrer, seul, en Louisiane. Parce que je ne voulais pas attendre. Parce que la Louisiane est le berceau des musiques qui me portent.
De la Nouvelle-Orléans, je ne connaissais rien. Sauf ce qu’en révélait le flot de livres (Lee Burke) et de films (Jarmusch) engloutis depuis 20 ans !  En posant mon pied sur cette terre, j’avais en tête quelques bijoux, dépouillés et faussement simples : Mule Variations de Tom Waits, Gris-Gris de Dr John, Perfect Day de Chris Whitley. Je souriais en pensant à Hank Jones et son sens aigu de la forme, à Marc Ribot et son insatiable liberté.
Mark Bingham était l’ingénieur du son capable d’obtenir la rugosité de ton que je visais, sans pour autant renoncer au raffinement…  Un peu comme un tapis élimé sur une photo ; élimé, certes, mais soigneusement choisi, positionné et mis en lumière.
Mon envie de faire un album qui me ressemble au plus près dicta les règles de cet enregistrement : tout « live » et tout improvisé dans l’instant. Ou presque. De Coltrane, je ne connaissais que la mélodie de fin ; d’Emigré, je n’avais que l’idée de départ : un ticket de métro glissé entre les cordes.
Cette aventure devait me mener le plus loin possible d’un album poli et « propre sur lui », embelli à coups de montages et de soli retouchés. Résultat, l’abum est « roots », sur le fil. Sincère. J’en revendique les aspérités et les défauts. Gommer ce que la musique avait d’accidentel aurait été à l’opposé de la démarche qui est la mienne : prendre des risques, marier les cultures et, avant tout, raconter des histoires.

Pierre DURAND


Inviter le spectateur au voyage… Lui raconter des histoires qui le propulsent dans des mondes différents… Montrer, tel Akira Kurosawa avec Rashômon, qu’il n’y a pas « une » façon de voir et de vivre, mais une infinité d’approches qui se valent, liées au vécu de chacun…Démontrer que le jazz est humain. Donc pluriel. 
Voilà ce qui a motivé mon envie de devenir musicien. 
Etre au carrefour de toutes les cultures, c'est ma raison d'être. 
Je ne pouvais pas trouver plus belle musique que le jazz pour cela. 

Ce disque en solo est le premier sous mon nom. 
Il a été "REVELATION" Jazzman, "ELU" CitizenJazz, "INDISPENSABLE TOP 6" Jazznews, "Disque du jour" TSF, "OUI" CultureJazz .... 
Le Chapitre 2 sera enregistré en novembre 2014 avec le "ROOTS" 4tet.


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